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Projet de vie MDPH : exemple, modèle et trame à reprendre

10 min de lecture

Le projet de vie est la seule partie du dossier où vous parlez avec vos mots. C'est aussi celle qui donne du sens à tout le reste. Voici comment la structurer, avec des formulations à reprendre.

À quoi sert le projet de vie

Le projet de vie décrit le quotidien réel, les besoins et les attentes. Ce n'est pas un dossier médical : c'est votre récit, celui qui relie les bilans entre eux.

Il répond à une question simple que l'équipe pluridisciplinaire se pose : qu'est-ce qui, aujourd'hui, empêche cette personne de faire ce qu'elle a à faire, et de quoi aurait-elle besoin pour y arriver ?

Il est facultatif. Mais un dossier sans projet de vie ne contient que des cases cochées et des documents médicaux : personne n'y voit la vie réelle.

La structure qui fonctionne

1. Présenter la personne en quelques lignes : prénom, âge, avec qui elle vit, scolarité ou situation professionnelle, ce qu'elle aime. On écrit pour quelqu'un qui ne la connaît pas.

2. Décrire une journée type — celle des mauvais jours. Du réveil au coucher, avec des durées : le temps du lever, les repas, le trajet, la classe ou le travail, les devoirs, le coucher.

3. Nommer les difficultés concrètes, par domaine : autonomie quotidienne, apprentissages, communication, relations, déplacements, sommeil, gestion des émotions, santé.

4. Lister ce qui est déjà mis en place : suivis en cours et leur fréquence, aménagements scolaires ou professionnels, aides matérielles, présence d'un adulte, adaptations trouvées en famille.

5. Dire ce qui manque, et l'effet de ce manque : séances non prises en charge financièrement, absence d'aide humaine à l'école, trajets impossibles, arrêt d'activité d'un parent.

6. Formuler les demandes, une par ligne, en clair. Une demande non écrite n'est pas instruite.

Écrire concrètement : avant / après

« Il est très fatigable » devient : « après 15 h, il ne peut plus écrire ; les devoirs commencés avant 17 h prennent 40 minutes, après 18 h ils sont impossibles ».

« Les sorties sont compliquées » devient : « une sortie en supermarché sur deux se termine par une crise ; nous faisons les courses en ligne depuis janvier ».

« J'ai besoin d'aide » devient : « une présence adulte continue est nécessaire pour l'habillage le matin et pour les devoirs, soit environ 1 h 30 par jour en semaine ».

Datez, quantifiez, donnez la fréquence. Trois faits précis convainquent plus que dix adjectifs.

Modèle de trame à reprendre

« Je m'appelle […], j'ai […] ans. Je vis avec […]. Je suis scolarisé(e) en […] / je travaille comme […]. Ce que j'aime : […]. »

« Une journée ordinaire : le matin […]. Dans la journée […]. Le soir […]. La nuit […]. »

« Ce qui est difficile aujourd'hui : dans les gestes du quotidien […] ; dans les apprentissages […] ; dans la communication et les relations […] ; dans les déplacements […]. »

« Ce qui est déjà en place : […] séances de […] par semaine depuis […] ; à l'école, […] ; à la maison, nous avons mis en place […]. »

« Ce qui manque et ses conséquences : […]. »

« Mes demandes : 1) […] ; 2) […] ; 3) […]. »

Une à trois pages suffisent. Écrivez à la main ou à l'ordinateur, peu importe : la forme n'est pas évaluée, le contenu l'est.

Pour voir cette trame appliquée en entier, lisez les exemples de projet de vie MDPH remplis (enfant autiste, adulte TDAH, collégienne dys, rubrique « votre vie quotidienne »).

Les erreurs les plus fréquentes

Minimiser. On décrit spontanément les bons jours, par pudeur ou par habitude. Le dossier doit décrire les jours difficiles, sinon il décrit une situation qui n'a pas besoin de compensation.

Parler à la place de la personne sans elle. Dès que c'est possible, faites relire l'adolescent ou l'adulte concerné et gardez ses formulations.

Rester dans le vocabulaire médical. Les bilans font déjà ce travail ; votre texte doit apporter ce qu'eux ne contiennent pas.

Oublier l'entourage. L'épuisement des aidants, l'aménagement ou l'arrêt d'un temps de travail, l'impact sur les frères et sœurs font partie de la situation à évaluer.

Où il s'insère dans le dossier

Le projet de vie accompagne le formulaire de demande et le certificat médical. Voir le guide complet du dossier MDPH pour l'ordre des pièces et les délais, et le certificat médical MDPH pour préparer le rendez-vous médical.

Gardez votre texte dans un fichier : au renouvellement, il suffira de l'actualiser.

Questions fréquentes

Le projet de vie est-il obligatoire dans un dossier MDPH ?
Non, il est facultatif. Mais c'est la seule partie du dossier rédigée avec vos mots : il permet d'expliquer un quotidien que les bilans médicaux ne décrivent pas, et il pèse dans l'évaluation des besoins.
Combien de pages doit faire un projet de vie MDPH ?
Une à trois pages suffisent. Mieux vaut deux pages précises, avec des exemples datés et chiffrés, que dix pages générales : le projet de vie est lu par une équipe qui cherche des faits concrets.
Comment commencer un projet de vie MDPH ?
Commencez par présenter la personne en quelques lignes — âge, situation, scolarité ou emploi, ce qu'elle aime — puis décrivez une journée type des mauvais jours, avant d'énoncer les besoins et les demandes précises.
Qui peut écrire le projet de vie ?
La personne concernée, ou ses parents ou représentants légaux pour un enfant. Un proche, une assistante sociale ou une association peut aider à la rédaction, mais le texte doit rester celui de la personne ou de sa famille.

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