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Exemples de projet de vie MDPH remplis

12 min de lecture

Quatre exemples rédigés en entier, pour quatre situations différentes. Ils ne sont pas à recopier : ils montrent le niveau de précision attendu — des faits datés, des durées, des conséquences — et vous donnent des phrases à adapter à votre situation.

Comment utiliser ces exemples

Chaque exemple suit la même trame : qui est la personne, une journée type des mauvais jours, ce qui est difficile, ce qui est déjà en place, ce qui manque, puis les demandes. C'est cette progression qui rend un projet de vie lisible.

Remplacez chaque élément générique par vos propres faits : un horaire, une durée, une fréquence, une date de début. « Souvent » ne s'évalue pas ; « trois matins sur cinq depuis la rentrée » s'évalue.

Si vous partez de zéro, lisez d'abord la méthode complète du projet de vie : les exemples ci-dessous en sont l'application.

Exemple 1 — Enfant de 7 ans, trouble du spectre de l'autisme

« Léo a 7 ans, il vit avec ses deux parents et sa sœur de 4 ans. Il est scolarisé en CE1 dans son école de quartier. Il aime les trains, les cartes de géographie, et il apprend à lire seul depuis ses 5 ans. »

« Une journée ordinaire : le lever prend 45 minutes, un parent doit rester avec lui pour chaque étape de l'habillage, sinon il s'immobilise. Le trajet ne peut pas se faire en bus depuis mars 2026 (bruit, foule) : nous l'accompagnons en voiture. En classe, il sort de la salle une à deux fois par matinée. À la cantine, il ne mange pas : nous avons obtenu qu'il rentre déjeuner. Le retour à la maison est suivi d'un temps de décompression de 30 à 60 minutes pendant lequel aucune consigne ne passe. Le coucher demande deux heures et il se réveille en moyenne trois nuits par semaine. »

« Ce qui est difficile aujourd'hui : les gestes du quotidien (habillage, toilette, repas) nécessitent la présence continue d'un adulte, soit environ 2 h 30 par jour ; les changements imprévus déclenchent des crises (en moyenne deux par semaine, d'une durée de 20 à 40 minutes) ; les interactions avec les autres enfants sont rares et il n'a pas d'ami identifié ; le bruit du réfectoire et de la cour est insupportable. »

« Ce qui est déjà en place : orthophonie une fois par semaine depuis septembre 2024 ; psychomotricité une fois par semaine depuis janvier 2025 (non remboursée, 45 € la séance) ; à l'école, un emploi du temps affiché en images et un coin calme ; à la maison, des routines en images et un casque anti-bruit. »

« Ce qui manque et ses conséquences : il n'y a aucune aide humaine sur les temps scolaires, ce qui explique les sorties de classe et l'absence d'accompagnement en récréation ; les séances de psychomotricité représentent 180 € par mois à notre charge ; ma conjointe a réduit son temps de travail à 80 % depuis février 2025 pour assurer les trajets et les rendez-vous. »

« Nos demandes : 1) une aide humaine individuelle sur les temps de classe, de cantine et de récréation ; 2) l'AEEH avec complément, au titre du temps d'accompagnement quotidien et des frais non remboursés ; 3) le maintien des aménagements pédagogiques dans le cadre d'un PPS ; 4) une orientation vers un service de soins pour coordonner les suivis. »

Exemple 2 — Adulte de 34 ans, TDAH diagnostiqué tardivement

« J'ai 34 ans, je vis seule avec ma fille de 6 ans. Je travaille comme assistante administrative à temps plein. Mon TDAH a été diagnostiqué en novembre 2025, après vingt ans de difficultés que je mettais sur le compte de mon caractère. »

« Une journée ordinaire : je mets entre 1 h et 1 h 30 à démarrer le matin, y compris les jours de travail, et j'arrive en retard environ deux fois par semaine. Au bureau, je perds le fil dès qu'on m'interrompt : je reprends trois à quatre fois la même tâche. Le soir, je n'arrive pas à enchaîner le repas, les devoirs de ma fille et le rangement : une seule de ces trois choses se fait. Je m'endors vers 2 h du matin la plupart des nuits. »

« Ce qui est difficile aujourd'hui : organiser et tenir un ordre de priorité ; gérer l'administratif (deux dossiers d'aides non déposés en 2025 faute de pouvoir rassembler les pièces dans les délais) ; suivre le budget (découvert quatre mois sur douze) ; supporter le bruit et les sollicitations en open space ; tenir une charge de travail complète sans épuisement (deux arrêts de travail en 2025, de deux et trois semaines). »

« Ce qui est déjà en place : traitement médicamenteux depuis décembre 2025 ; suivi psychologique une fois par mois (65 € la séance, non remboursé) ; minuteurs et listes papier ; l'aide de ma mère pour les trajets scolaires deux jours par semaine. »

« Ce qui manque et ses conséquences : aucun aménagement de poste, alors que le passage en bureau partagé en septembre 2025 a coïncidé avec mes deux arrêts ; aucun accompagnement pour l'administratif, ce qui me fait perdre des droits ; le suivi psychologique me coûte 65 € par mois. »

« Mes demandes : 1) la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) pour obtenir un aménagement d'horaires et un poste au calme ; 2) l'orientation vers un accompagnement médico-social pour l'organisation du quotidien et les démarches ; 3) la carte mobilité inclusion mention priorité ; 4) l'examen de mes droits à l'AAH au regard de la réduction de mes capacités de travail. »

Exemple 3 — Collégienne de 13 ans, dyslexie et dyspraxie

« Inès a 13 ans, elle est en 5e. Elle vit avec sa mère et son frère. Elle fait du théâtre depuis deux ans et raconte très bien ce qu'elle a compris — à l'oral. »

« Une journée ordinaire : elle se lève à 6 h 30 pour préparer son sac, qu'elle ne peut pas organiser seule. En classe, elle ne finit aucun contrôle écrit dans le temps imparti. À la maison, les devoirs prévus pour 45 minutes prennent 2 h à 2 h 30, dont environ 1 h avec un adulte à côté pour lire les consignes à voix haute et écrire sous sa dictée. Elle se couche à 22 h 30 et dit régulièrement qu'elle est nulle. »

« Ce qui est difficile aujourd'hui : la lecture de consignes longues (elle en saute une sur deux) ; l'écriture manuscrite au-delà de dix lignes (douleur, illisibilité) ; la géométrie et tout ce qui demande de tracer ; l'organisation du matériel et des devoirs ; l'estime de soi. »

« Ce qui est déjà en place : bilan orthophonique de mars 2024 et bilan ergothérapique de septembre 2025 joints au dossier ; orthophonie une fois par semaine ; un PAP depuis la 6e (temps majoré, consignes lues, photocopies) qui n'est appliqué que par une partie des enseignants ; un ordinateur familial partagé. »

« Ce qui manque et ses conséquences : elle n'a pas d'ordinateur personnel avec les logiciels adaptés, alors que l'ergothérapeute l'a préconisé, donc elle continue d'écrire à la main et abandonne en cours de devoir ; les séances d'ergothérapie (50 € la séance) ne sont pas remboursées ; sans cadre contraignant, les aménagements ne sont pas tenus dans toutes les matières. »

« Nos demandes : 1) du matériel pédagogique adapté (ordinateur et logiciels de dictée et de synthèse vocale) ; 2) le passage à un PPS pour que les aménagements soient opposables et suivis ; 3) l'AEEH au titre des frais d'ergothérapie ; 4) le maintien du temps majoré et de la lecture des consignes pour les épreuves d'examen. » Sur la différence entre ces dispositifs, voir PAI, PPRE, PAP, PPS.

Exemple 4 — La rubrique « votre vie quotidienne » du formulaire

Le formulaire de demande contient une partie « votre vie quotidienne » que beaucoup de familles remplissent en deux lignes. C'est pourtant là que se lit le besoin d'aide humaine. Le principe : pour chaque geste, dire qui fait quoi, combien de temps, et à quelle fréquence.

« Toilette : elle entre seule dans la douche, mais un adulte reste présent et enchaîne les consignes une par une (15 minutes, tous les jours). »

« Habillage : il choisit ses vêtements seul un jour sur trois ; sinon, un adulte les prépare dans l'ordre et l'aide pour les boutons et les lacets (20 minutes le matin). »

« Repas : il ne mange pas hors de la maison depuis janvier 2026 ; à table, un adulte doit rester assis à côté de lui, sinon le repas s'arrête (30 minutes, deux fois par jour). »

« Déplacements : aucun trajet seul, y compris les 400 mètres jusqu'à l'école ; accompagnement systématique par un adulte (30 minutes par jour). »

« Sécurité : il ne perçoit pas le danger de la route et traverse sans regarder ; une surveillance continue est nécessaire dès la sortie du logement. »

« Nuit : réveils trois nuits sur sept, avec lever d'un parent pendant 30 à 60 minutes. »

Additionnez les temps à la fin : « soit environ 3 heures d'accompagnement direct par jour en semaine ». C'est cette phrase qui rend la situation évaluable.

Lettre pour expliquer son handicap : les phrases qui aident

Certaines familles ajoutent une courte lettre au dossier. Trois usages en valent la peine : expliquer un décalage entre les bilans et le quotidien, signaler une aggravation récente, ou décrire l'impact sur l'entourage.

« Les bilans ont été réalisés en tête-à-tête, dans un bureau calme. Ce cadre ne reflète pas la classe : c'est en groupe, dans le bruit, que les difficultés apparaissent. »

« Depuis [mois, année], la situation s'est dégradée : [fait précis]. C'est la raison de cette demande, avant l'échéance prévue. »

« Cette situation a des conséquences sur toute la famille : réduction de mon temps de travail à [x] % depuis [date], [x] € de frais non remboursés par mois, et un aîné qui gère seul ses devoirs depuis un an. »

Restez factuelle et sobre. Une page suffit, et elle ne remplace pas le projet de vie.

Après la rédaction

Relisez avec la personne concernée dès que c'est possible, gardez le fichier, et vérifiez l'ordre des pièces dans le guide du dossier MDPH. Le certificat médical doit dater de moins d'un an.

Conservez ce texte pour le renouvellement : il suffira de l'actualiser au lieu de tout réécrire.

Questions fréquentes

Peut-on recopier un exemple de projet de vie MDPH ?
Non, pas tel quel : l'équipe pluridisciplinaire évalue une situation précise. Reprenez la structure et les formulations des exemples, puis remplacez chaque fait par vos propres horaires, durées et fréquences.
Comment remplir la rubrique « votre vie quotidienne » du dossier MDPH ?
Décrivez une journée réelle des mauvais jours, geste par geste, en indiquant à chaque fois qui aide et combien de temps cela prend. C'est l'aide humaine et le temps passé qui permettent d'évaluer les besoins.
Faut-il un projet de vie différent pour un renouvellement ?
Vous pouvez repartir du précédent, mais il faut l'actualiser : ce qui a changé depuis la dernière décision, ce qui a été mis en place, ce qui n'a pas suffi et les nouvelles demandes.
Un exemple de projet de vie existe-t-il en PDF ?
Il n'existe pas de modèle officiel : seul le formulaire de demande (Cerfa 15692*01) est imposé. Les exemples de cette page peuvent être copiés dans un traitement de texte puis exportés en PDF pour être joints au dossier.

À imprimer avec cet article

Une nouvelle fiche à imprimer est publiée chaque jour : routines, suivis, jeux de révision, carnets de sortie.

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