AESH : rendez-vous le 29 octobre
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Trois textes publiés en 2026 répondent différemment à la question du statut des AESH. Le Parlement en débat en séance publique le 29 octobre.
Point de suivi du 13 octobre 2026
L’essentiel
- La proposition de loi n° 3171, créant un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, sera examinée en séance publique à l’Assemblée nationale le jeudi 29 octobre 2026. Le dossier législatif officiel mentionne désormais cette date, qui n’était pas connue lors de notre article du 6 octobre.
- Les rapports du Sénat et de l’IGAS/IGÉSR publiés en mai 2026 s’opposent à une fonctionnarisation générale, avec des réponses différentes.
- Rien ne change dans l’immédiat : une discussion en séance n’est pas une adoption.
Ce rendez-vous actualise notre dossier du 6 octobre, sans le remplacer : « Un corps de fonctionnaires pour les AESH ? ».
La chronologie : du rejet de janvier au débat du 29 octobre
- 7 janvier 2026 : le Sénat rejette une première proposition de loi sur le statut des AESH, examinée à partir du rapport n° 232.
- 20 mai 2026 : le rapport d’information n° 647 de la commission des finances du Sénat, « L’école inclusive », écarte la fonctionnarisation et juge le modèle budgétairement intenable. Il mentionne 4,7 milliards d’euros en loi de finances initiale (LFI) pour 2026, pour l’ensemble de l’école inclusive.
- 22 mai 2026 : publication du rapport IGAS/IGÉSR, selon la page officielle de l’IGAS — et non le 20 mai indiqué dans certaines synthèses. La mission écarte une fonctionnarisation à missions équivalentes et propose de nouveaux métiers d’accessibilité sur statut de fonctionnaire. L’estimation d’environ 20 % des AESH est celle de la synthèse syndicale citée ; les deux rapports ne se confondent pas.
- 15 septembre 2026 : Nadège Abomangoli (LFI et apparentés) dépose à l’Assemblée nationale la proposition de loi n° 3171, renvoyée à la commission des affaires culturelles et de l’éducation.
- 29 octobre 2026 : discussion en séance publique, confirmée par le dossier législatif officiel. Au point de suivi du 13 octobre, le dossier ne mentionne ni rapporteur ni date d’examen en commission ; cela ne signifie pas que ces étapes sont supprimées.
Trois textes, trois réponses
| Texte | Statut | Réponse proposée |
|---|---|---|
| Sénat — commission des finances, rapport n° 647 (20 mai 2026) | Pas de fonctionnarisation | Stabiliser le nombre d’AESH, améliorer la gestion des carrières et l’accès au temps plein. Confier à l’Éducation nationale la détermination du nombre d’heures d’accompagnement, une fois le besoin reconnu par la MDPH. |
| IGAS/IGÉSR — rapport publié le 22 mai 2026 | Statut partiel | Pas de fonctionnarisation à missions équivalentes ; de nouveaux métiers d’accessibilité ouverts aux AESH. La synthèse syndicale citée évoque un statut partiel de catégorie B sur une base de 1 607 heures par an, pour environ 20 % des AESH : cette estimation ne constitue pas un quota légal. |
| Proposition de loi n° 3171 (15 septembre ; examen le 29 octobre 2026) | Statut proposé pour tous | Un corps de catégorie B pour l’ensemble des AESH en poste au 1er septembre 2026, avec un stage et une formation ; recrutement futur par concours académique. Proposition, et non droit en vigueur. |
Les rapports sont des recommandations : ils ne modifient pas, à eux seuls, le statut des agents. La proposition de loi doit encore parcourir les étapes législatives.
Ce que prévoit la proposition de loi n° 3171
Article 1er : le statut
Le texte crée un corps de fonctionnaires de catégorie B, dont les modalités seraient fixées par décret. Il vise les AESH en poste au 1er septembre 2026, dans les établissements publics ou privés sous contrat d’association : ils seraient immédiatement nommés fonctionnaires stagiaires, avec un stage d’un an et une formation universitaire en alternance, accompagnée d’un tutorat. Il ne s’agit donc pas d’une titularisation sans stage.
Les agents ne remplissant pas les conditions de recrutement dans la fonction publique se verraient proposer un CDI dans les mêmes conditions de rémunération et de temps de travail que les titulaires. Le recrutement futur passerait par des concours académiques ; les 24 heures hebdomadaires seraient rémunérées comme un temps plein, objectif explicité dans l’exposé des motifs. Toutes ces mesures restent proposées, et non applicables aujourd’hui.
Article 2 : le financement
Le financement proposé repose sur une taxe additionnelle sur le tabac et des majorations de plusieurs impôts : article 200 A du Code général des impôts (CGI), impôt sur les sociétés (IS) et impôt sur la fortune immobilière (IFI).
Ce qui change aujourd’hui : rien
Une discussion en séance publique n’est pas une adoption.Le texte peut être amendé, renvoyé ou rejeté, comme la première proposition au Sénat le 7 janvier 2026. Les contrats, quotités horaires et statuts CDD/CDI des AESH restent, à ce stade, inchangés.
Une éventuelle évolution suppose l’adoption du texte, sa promulgation et, pour les mesures qui en dépendent, la publication des décrets d’application prévus. La date du 1er septembre 2026 inscrite dans la proposition ne crée donc aucun droit rétroactif aujourd’hui.
Par ailleurs : PIAL renforcés, ce que répond le ministère
Dans sa réponse du 26 mai 2026 à la question écrite n° 12478, le ministère expose la réorganisation des PIAL en Ille-et-Vilaine. Sur 1 261 avenants transmis, 29 AESH ont refusé la modification de leur contrat, soit un peu plus de 2 %. Après entretien préalable, passage en commission consultative paritaire et préavis, 25 agents ont reçu une notification de licenciement en décembre 2025. Selon cette réponse, les agents sont restés en poste pendant toute la procédure.
Le ministère rappelle également, à l’échelle nationale, 11 000 postes d’AESH créés depuis 2022, une hausse de rémunération de 41 % depuis 2017 et l’accès au CDI après trois ans d’exercice. Ces chiffres sont ceux avancés dans la réponse ministérielle ; la hausse annoncée ne signifie pas que chaque agent a personnellement bénéficié de 41 % d’augmentation.
À retenir pour les AESHUn refus d’avenant ne produit pas automatiquement un licenciement. Dans le cadre de la modification substantielle du contrat décrit par le ministère, une décision de licenciement doit respecter les garanties de procédure, notamment l’entretien préalable et la consultation de la commission consultative paritaire. Le cadre de l’avenant et la situation de l’agent doivent être examinés individuellement.
Les dossiers toujours en suivi
Ces points sont un suivi continu, et non l’annonce de nouvelles mesures cette semaine.
- Mouvement général des enseignants, rentrée 2027 : sixième semaine de suivi, sans nouveau texte officiel confirmé dans ce point. Ne pas confondre un calendrier prévisionnel et un calendrier officiellement publié. Le BOEN n° 38 du 8 octobre 2026 est cité parmi les documents de veille, mais son accès est bloqué lors du contrôle : nous ne pouvons donc pas certifier ici l’absence de dispositions sur les AESH ou le mouvement. Notre point du 12 octobre sur les mutations et les contrats AESH rassemble les repères et les liens de suivi.
- Gouvernance MDPH / ARS / Éducation nationale : la mesure 11 de la Conférence nationale du handicap reste présentée ici comme une recommandation ; aucun décret n’est identifié dans les sources de ce point de suivi. L’absence de texte identifié n’est pas une preuve d’absence de publication. Voir le dossier sur le rapport IGAS/IGÉSR.
- Question sénatoriale n° 08943 de Cédric Vial : la page officielle est accessible au contrôle et affiche « En attente de réponse ». Publiée le 28 mai 2026, cette question concerne le fondement juridique du déploiement des PAS et les conséquences pour les AESH, plutôt que spécifiquement la pause méridienne. Retrouvez aussi notre dossier PAS et pause méridienne.
Synthèse d'information sourcée ; elle ne remplace pas un conseil juridique individuel.
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