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Français et mathématiques en classe : des adaptations concrètes, niveau par niveau

8 min de lecture

Illustration : une enseignante accompagne des élèves autour de cahiers de français et de mathématiques, avec des supports adaptés sur la table.

Pour les élèves TDAH, TSA, dys ou TDC — et la place précise de l'AESH dans l'accompagnement disciplinaire

L'essentiel :
  • Après les fiches sur l'accueil, la différenciation générale, les évaluations, les outils numériques, la gestion de classe et les transitions, on descend d'un cran : on entre dans la matière elle-même, français et mathématiques, avec une déclinaison par niveau.
  • En français : alléger la lecture et l'écriture sans alléger les exigences de fond (idées, raisonnement), et autoriser les outils de compensation (correcteur, audio, oral).
  • En mathématiques : autoriser calculatrice et manipulation, valoriser le raisonnement et la procédure plutôt que le seul résultat, et accompagner chaque consigne complexe d'un schéma.
  • L'AESH adapte les supports et facilite l'expression en lien avec l'enseignant·e, qui reste responsable de la pédagogie — ce n'est pas à l'AESH de faire à la place de l'élève ni de devenir une présence permanente.

Pourquoi maintenant

Les vacances de la Toussaint courent du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026 (rentrée le mardi 3 novembre), dans les trois zones. C'est un bon moment pour préparer ces adaptations avant la reprise, sans attendre un diagnostic : un enseignant peut mettre en place un PAI de sa propre initiative, avec l'accord de la famille et de l'élève.

Les adaptations qui suivent ne demandent ni matériel coûteux ni notification MDPH pour l'essentiel : elles relèvent de la différenciation ordinaire et bénéficient souvent à toute la classe.

Français et mathématiques par niveau

Les pistes ci-dessous sont des points de départ à ajuster à chaque élève : on part de ce qui est observé en classe et de ce que l'élève exprime, pas d'un portrait obligatoire lié à un diagnostic.

NiveauFrançaisMathématiques
MaternelleLangage oral en petit groupe (PS/MS) ; conscience phonologique dès la GS ; graphisme (posture, crayon triangulaire, interlignes élargis ou code couleur, repérage des contours de la feuille) ; apprentissage multisensoriel des lettres ; limiter la quantité de travail graphique.Dissocier comptine numérique et dénombrement (un espace distinct pour les objets déjà comptés) ; boulier et collections témoins associées à l'écriture chiffrée ; manipuler objets et bâtonnets de couleur ; verbaliser chaque étape.
ÉlémentaireDécodage et fluence au CP-CE1, puis orthographe et compréhension ; consignes courtes, en étapes, lues à voix haute ; supports en Arial 12, interligne 1,5, alignés à gauche ; pas de lecture imposée à voix haute devant la classe ; dictées allégées, à trous ou en QCM, sans pénaliser l'orthographe hors dictée si le fond est juste ; fiche de relecture par étapes ; un seul moyen mnémotechnique par notion ; récitation limitée, jamais devant les autres.Vérifier la lecture et la copie des nombres qui s'inversent et des signes < et > ; accompagner les consignes de schémas ; autoriser la calculatrice et ne pas dévaloriser le comptage sur les doigts ; valoriser le raisonnement plutôt que le seul résultat, sans pénaliser l'absence de rédaction si la procédure est correcte ; découper les consignes complexes en sous-étapes et faire verbaliser la procédure.
CollègePré-enseigner le vocabulaire avant un texte complexe et fournir des résumés de leçon ; favoriser l'oral, les exposés et le travail de groupe ; maintenir correcteur orthographique, fiche de relecture et évaluation sur le fond ; outils numériques (lecteur de PDF, scanner-souris, ruban de dictée de Word).GeoGebra pour visualiser ; multiplier les rappels et découper les tâches ; en géométrie, privilégier le vocabulaire spatial et les propriétés des figures plutôt que la précision du tracé ; calculatrice autorisée, raisonnement valorisé.
LycéeMêmes principes qu'au collège, avec une vigilance accrue sur la fatigue de compensation en fin de journée ; préparer tôt la continuité des aménagements vers les examens (tiers-temps, secrétaire) ; résumés de leçon et pré-enseignement du vocabulaire pour les textes longs (dissertation, commentaire).GeoGebra et calculatrice toujours pertinents ; procédures types de plus en plus importantes ; fractionner les révisions pour limiter la charge cognitive cumulée ; valoriser le raisonnement et la rédaction de la démarche, même en cas d'erreur de calcul.

Les outils numériques transversaux

  • En français : lecteur de PDF, scanner-souris, ruban de dictée et de correction de Word.
  • En mathématiques : GeoGebra, calculatrice dès que le calcul mental pose problème.
  • Toutes matières : minuteur visuel, pictogrammes pour les consignes, cartes mentales.

Pour aller plus loin sur le choix et l'usage de ces outils, voir notre sélection d'outils numériques pour élèves dys, TDAH et TSA.

Le rôle de l'AESH en français et en mathématiques

L'AESH intervient toujours en lien avec l'enseignant·e, qui reste responsable de la pédagogie et de l'élève. Concrètement : aide à la lecture des consignes à voix basse, reformulation validée au préalable avec l'enseignant·e, accompagnement à la manipulation du matériel de numération, soutien à la prise de notes et à l'écriture.

L'AESH peutL'AESH ne doit pas
Contribuer à l'adaptation des supports et des situations d'apprentissage, en lien avec l'enseignant·e.Devenir une « béquille » permanente dont l'élève ne saurait plus se passer : la présence doit varier.
Faciliter l'expression et la communication de l'élève, l'aider pour l'écriture et la prise de notes.Intervenir seul·e sous sa propre responsabilité : l'enseignant·e reste responsable de l'élève et du PPS.
Observer l'élève et échanger avec l'enseignant·e sur ses compétences, ses difficultés et ses besoins de compensation.Rester seul·e avec l'ensemble de la classe.
Favoriser l'autonomie de l'élève.Exercer des missions hors de celles définies par la circulaire n° 2017-084.
Signaler à l'enseignant·e ou à la direction les difficultés importantes repérées.

Rappel du cadre : PAI ou PPS

Un enseignant peut mettre en place certains aménagements de sa propre initiative, après en avoir informé la classe et obtenu l'accord des parents et de l'élève, formalisés dans un PAI (Projet d'Accueil Individualisé). Un PPS (Projet Personnalisé de Scolarisation), demandé auprès de la MDPH, est nécessaire pour mobiliser un AESH ou un matériel spécifique. Les deux peuvent être appliqués aux examens nationaux (DNB, baccalauréat).

Points de vigilance

Points de vigilance :
  • Ne pas confondre les logiques : pour un trouble dys, l'enjeu est souvent procédural (lire, écrire, calculer) ; pour un TDAH, il est attentionnel ; pour un TSA, souvent sensoriel et langagier. Les outils se recoupent (schéma, calculatrice) mais la raison de les proposer diffère — à expliquer à l'élève pour qu'il ne se sente pas « à part ».
  • Alléger la forme ne veut jamais dire alléger le fond : un texte plus court à lire n'est pas un texte plus simple à comprendre ; un calcul autorisé à la calculatrice n'exempte pas d'expliquer la démarche.
  • Un PAI ne nécessite pas d'attendre un diagnostic : l'enseignant peut commencer à adapter dès qu'une difficulté est repérée, en lien avec la famille.

Pour aménager les moments charnières de la journée, voir « Fluidifier les transitions et alléger un emploi du temps chargé ».

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