Adapter ses consignes en classe : fiche pratique par niveau scolaire
7 min de lecture

Donner une consigne est un geste professionnel à part entière. Pour un élève avec un TDAH, un trouble dys, un TSA ou un trouble de la coordination, une consigne mal calibrée — trop longue, trop abstraite, donnée trop vite — n'est pas forcément « mal écoutée » : elle peut simplement ne pas être accessible. Le principe reste le même partout : c'est la consigne qui s'adapte à l'élève, jamais l'inverse.
L'essentielUne consigne courte, visible et comprise avant de poursuivre : on garde l'objectif pédagogique, on adapte le chemin pour y parvenir.
Enseignants & AESH — Conseils pédagogiques, de la maternelle au lycée.
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1. Les règles d'or, valables à tous les niveaux
- Une seule consigne à la fois : s'assurer qu'elle est comprise avant de passer à la suivante.
- Des phrases courtes, avec le moins de mots possible, sans retirer les informations indispensables.
- Une formulation positive : « pose ton stylo » plutôt que « ne touche pas à ton stylo ».
- La consigne à l'oral ET sur un support visible : tableau, fiche, image ou pictogramme selon les besoins.
- Vérifier la compréhension en invitant l'élève à reformuler dans ses mots, ou à montrer la première action s'il s'exprime autrement.
- Découper les tâches longues en étapes courtes et visibles.
- S'assurer que l'élève est disponible avant de parler, avec un signal convenu. Le contact visuel n'est pas une obligation ni une preuve d'attention.
- Prévenir avant un changement : annoncer, par exemple, la fin d'une activité cinq minutes avant, puis ajuster ce repère à l'élève.
2. Par niveau scolaire
Ces repères s'inspirent des adaptations proposées dans le modèle national de PAP diffusé par Éduscol. Ils sont à choisir avec l'élève, selon ses besoins observés, et non à appliquer tous systématiquement.
| Niveau scolaire | Adaptations concrètes |
|---|---|
| Maternelle |
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| Élémentaire (CP → CM2) |
|
| Collège |
|
| Lycée |
|
Formaliser sans attendre pour adapterDes adaptations pédagogiques peuvent commencer pour tout élève qui en a besoin, notifié ou non. Lorsqu'un dispositif est pertinent, elles sont formalisées dans le cadre adapté : PPRE pour des difficultés d'apprentissage, PAP pour des difficultés durables liées à un trouble des apprentissages après avis médical, PPS dans le cadre d'une décision de la CDAPH. Le PAI répond aux besoins liés à un trouble de santé ; ces dispositifs ne sont pas interchangeables. Le LPI permet de consigner et de suivre les réponses pédagogiques et les dispositifs concernés.
Les aménagements des examens relèvent d'une demande et d'une décision spécifiques : le temps majoré ou les outils utilisés en classe ne sont pas automatiquement autorisés au brevet ou au bac.
Pour choisir le bon cadre, lire PAI, PPRE, PAP, PPS : comprendre les différences et les aménagements aux examens.
3. Zoom par profil
Un diagnostic ne définit pas une manière unique d'apprendre. Ces pistes sont à essayer et à ajuster ; plusieurs besoins peuvent se croiser chez le même élève.
- TDAH : s'assurer de la disponibilité avant de parler, sans exiger le regard ; écrire la consigne au tableau en même temps qu'elle est donnée à l'oral ; fractionner le travail avec des pauses de mouvement prévues et valoriser les réussites par un renforcement positif.
- Troubles dys : une seule consigne à la fois dans le canal oral ou écrit qui fonctionne le mieux, avec un support visuel accessible ; proposer de lire les questions avant le texte lorsque cela aide à orienter la lecture.
- TSA : formulation positive, explicite et littérale, sans sous-entendus ni métaphores ; routines stables ; minuteur visuel si utile ; anticiper les changements, même petits, et expliquer ce qui restera identique.
- TDC / dyspraxie : oraliser et reformuler les consignes si ce canal aide ; décomposer la tâche en étapes guidées ; alléger la part gestuelle lorsque ce n'est pas l'objectif évalué.
4. Le rôle de l'AESH dans la passation des consignes
L'AESH ne se substitue ni à l'enseignant, qui reste responsable de la consigne et de l'objectif pédagogique, ni à l'élève. L'accompagnement vise son autonomie, dans le cadre d'une aide individuelle, mutualisée ou collective.
- Reformuler la consigne de l'enseignant si nécessaire, sans la vider de son objectif pédagogique ni simplifier à l'excès.
- Laisser à l'élève le temps de traiter l'information et d'essayer avant d'intervenir.
- Utiliser un signe non verbal convenu à l'avance pour recentrer l'élève, sans le mettre en évidence devant ses pairs.
- Transmettre à l'enseignant les consignes qui ont posé problème et les aides qui ont fonctionné, pour ajuster la formulation la fois suivante.
5. Outils concrets à avoir sous la main
- Un minuteur visuel de type Time Timer ou un sablier, si le repère temporel apaise plutôt qu'il ne met sous pression.
- Des pictogrammes de rituels affichés au même endroit toute l'année.
- Un code couleur par matière, associé à un mot ou un symbole pour ne pas dépendre uniquement de la couleur.
- Une fiche de route pour les tâches à plusieurs étapes, où chaque étape peut être cochée.
- Un signal non verbal convenu avec l'élève.
- Un espace d'apaisement identifié, avec des modalités d'accès convenues à l'avance, sans négociation à chaque besoin et dans le respect de la sécurité et de la surveillance.
Pour préparer un support réutilisable, retrouvez la fiche « Donner une consigne que tout le monde comprend du premier coup ». Pour créer vos repères visuels, consultez aussi les ressources CAA et pictogrammes pour la classe.
À imprimer avec cet article
- Donner une consigne que tout le monde comprend du premier coup — Une consigne à la fois vue et entendue : les étapes affichées en 6 repères visuels, toujours dans le même ordre à chaque exercice, pour que l'élève n'ait plus à deviner ce qu'on attend de lui, avec suivi hebdomadaire réutilisable toute la semaine.
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